Grotte touristique · Valais
Grotte aux Fées
Au-dessus de Saint-Maurice, une galerie de 504 mètres s'enfonce dans la falaise jusqu'à une cascade qui tombe de 77 mètres dans un lac souterrain.
La grotte aux Fées perce la falaise qui domine Saint-Maurice, dans le Bas-Valais. La galerie ouverte à la visite suit la roche sur 504 mètres et s'arrête au pied d'une cascade : l'eau tombe de 77 mètres et se rassemble dans un lac de 75 mètres carrés, au fond du couloir. Au-dessus de la chute, la cavité se prolonge par la galerie Virieux, longue de 1 798 mètres, hors du parcours de visite. Reliée le 1er mai 2010 à la grotte de Saint-Martin voisine, elle appartient depuis à un réseau souterrain de 3 630 mètres pour 249 mètres de dénivelé.
Le nom est récent. On disait Trou aux Fayes — faye, en patois, désigne le mouton — parce que les troupeaux y trouvaient un abri les jours d'orage ; le XIXe siècle en fit le Trou des Fées, et la forme actuelle n'est venue qu'avec l'ouverture touristique, à une époque qui aimait ces résonances. Cette ouverture se décide en 1863 : un chanoine du collège de l'abbaye, convaincu du potentiel du lieu après y être descendu avec ses élèves, obtient l'achat du terrain pour 400 francs ; les travaux d'aménagement en coûtent 5 600 ; la grotte reçoit ses premiers visiteurs le 15 août 1864, au bénéfice de l'orphelinat de Vérolliez, et le pavillon d'entrée est inauguré en 1866. La cascade, elle, n'est trouvée qu'en 1867, par un passage que la sécheresse avait rendu praticable.
Sous la montagne s'est écrite une seconde histoire, militaire celle-là. À 450 mètres de l'entrée s'ouvre la galerie des Morts, longue de 480 mètres ; en 1935 et 1936, l'armée perce dans son prolongement un boyau artificiel de 490 mètres qui fait communiquer, à travers la cavité, le fort de Cindey et le fort du Scex. La Confédération exproprie la grotte en 1939. Les explorateurs, eux, avaient longtemps buté sur autre chose : au-delà de 500 à 600 mètres, l'air du fond éteignait bougies, allumettes et lampes à huile, et il a fallu l'éclairage électrique pour franchir ce seuil.
Pourquoi ce lieu est remarquable
L'intérêt de la grotte aux Fées tient à la superposition de trois usages dans la même roche : un abri à troupeaux, ouvert au public en 1864 et exploité au profit d'un orphelinat ; une cascade de 77 mètres qui tombe à l'intérieur de la montagne, découverte trois ans plus tard ; et un percement militaire de 490 mètres qui relie deux forts à travers la cavité. Le parcours aménagé, long de 504 mètres, passe d'une couche à l'autre sans transition.
Histoire et origine
Le premier usage documenté n'a rien de touristique : en 940, les chanoines de l'abbaye de Saint-Maurice y mettent leur trésor à l'abri des pillages. Deux capucins, les pères Basile et Corneille, y laissent des inscriptions en 1643 et 1646. L'exploration méthodique commence en 1831, quand deux Bernois, Haller et Ott, gravent leurs noms à l'endroit où un rétrécissement les arrête, à quelque 650 mètres de l'entrée. Le sommet de la cascade n'est atteint que le 17 janvier 1925, par Augustin Jacquemain et Denis Fournier, après des mois passés à hisser et à fixer des échelles de bois et de fer contre la paroi ruisselante. Les objets mis au jour près du pavillon — une faucille de l'âge du fer, un dallage recouvrant des cendres, un mur d'appareil cyclopéen — ont fait supposer une occupation ancienne du site ; le chanoine Ignace Mariétan tenait la cavité pour trop inhospitalière et relevait l'absence d'ossements et d'outils dans les remblais.
Que faire et voir
- Suivre la galerie aménagée de 504 mètres jusqu'à la cascade qui tombe de 77 mètres dans un lac souterrain de 75 mètres carrés.
- Repérer les traces des trois usages successifs du lieu : abri à troupeaux, exploration touristique dès 1864, percement militaire de 1935-1936.
- Observer le pavillon d'entrée inauguré en 1866, au-dessus de Saint-Maurice.
- Imaginer la découverte de la cascade en 1867, trouvée par un passage rendu praticable par la sécheresse.
Venir en famille : ce qu'il faut savoir
- Seule la galerie aménagée de 504 mètres se visite ; la galerie des Morts, la galerie Virieux et le percement militaire restent fermés au public.
- Le régime d'eau de la cavité est irrégulier, avec un historique d'inondations ayant nécessité une dérivation.
En couple
- Marcher ensemble jusqu'au pied de la cascade souterraine de 77 mètres, au fond de la galerie aménagée.
- Se raconter l'histoire du chanoine qui fit ouvrir la grotte en 1864 au profit de l'orphelinat de Vérolliez.
- Observer la falaise qui domine Saint-Maurice, dans laquelle la galerie de 504 mètres a été percée.
Seule la galerie aménagée, longue de 504 mètres, se visite : la galerie des Morts, la galerie Virieux et le percement militaire qui relie les deux forts ne sont pas ouverts au public.
Le régime d'eau de la cavité est irrégulier ; après les inondations de 1882, les exploitants ont dû creuser une dérivation pour contourner une section que la montée des eaux noyait périodiquement.
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