Archipel botanique · Tessin
Îles de Brissago
Deux îles posées sur la partie suisse du lac Majeur : trois hectares où l'on fait pousser, depuis 1885, des plantes venues de tous les continents.
Les îles de Brissago tiennent en trois hectares — 0,03 kilomètre carré — posés sur le lac Majeur près de sa rive nord, tout près de la frontière italienne. La grande, Saint-Pancrace, se rejoint par les bateaux de ligne : c'est elle qui porte le jardin botanique et la villa. La petite, Saint-Apollinaire, que l'on appelle aussi l'île aux Lapins, est protégée et ne se visite pas. Le plan d'eau qui les entoure marque, à 193,5 mètres, l'altitude la plus basse de Suisse.
Le jardin de la grande île réunit des plantes subtropicales venues de la Méditerranée, de Chine, de Corée, du Japon, d'Afrique, des trois Amériques, d'Australie et d'îles d'Océanie. Ce qui rend l'assemblage possible n'est pas une serre mais le climat insubrien du bas Tessin, assez doux pour que ces espèces passent l'hiver dehors, à portée de vue des sommets enneigés. Le jardin s'est ouvert au public le 2 avril 1950, un dimanche des Rameaux ; la villa qui le domine sert aujourd'hui d'hôtel et de restaurant.
Le jardin est né d'une lubie et d'une fortune. En 1885, la baronne Antoinette Tzikos de Saint-Léger et son mari, le banquier irlandais Richard Fleming, achètent deux rochers portant une végétation indigène clairsemée et les ruines d'un couvent. Ils relèvent le couvent, plantent, font venir des espèces de tous les continents, et les îles deviennent un lieu de rendez-vous pour peintres, sculpteurs, musiciens et écrivains. Le baron abandonne l'île et sa femme en 1897 pour Naples ; la baronne, acculée, vend en 1927 et finira à la charge de l'assistance publique, à Intragna, où elle meurt le 24 janvier 1948. Sa dépouille est ramenée sur la grande île le 12 août 1972.
L'acheteur de 1927 est Max Emden (1874-1940), commerçant hambourgeois. Il fait bâtir par l'architecte berlinois Alfred Breslauer la villa néoclassique que l'on voit aujourd'hui, sur une demeure du XVIIe siècle, creuse une darse et un bain romain, et pousse plus loin les cultures exotiques. Ses héritiers vendent en 1949, et c'est une coalition qui achète : le canton du Tessin, les communes d'Ascona, Brissago et Ronco sopra Ascona, la Ligue suisse du patrimoine national et la Ligue suisse pour la protection de la nature. Le contrat signé le 2 septembre 1949 réserve les îles et leurs bâtiments à la conservation et à la diffusion des beautés naturelles, à la science, à la culture et au tourisme — ce qu'elles font depuis.
Pourquoi ce lieu est remarquable
Trois hectares réunissent ici deux choses qui ne tiennent pas ensemble ailleurs : des plantes d'Afrique, de Chine et d'Océanie qui hivernent en pleine terre, et l'altitude la plus basse du pays, 193,5 mètres, sous des sommets encore blancs au printemps. Le jardin n'est pas une collection sous verre mais un morceau de climat insubrien, entretenu depuis 1885 par des propriétaires successifs et devenu bien public en 1949.
Histoire et origine
L'occupation des îles est ancienne : la grande a livré des vestiges romains, et les deux rochers ont servi de refuge aux premiers chrétiens au temps des persécutions. Au XIIIe siècle, les moines de l'ordre des Umiliati s'y installent ; quand Pie V supprime l'ordre en 1571, les îles se vident et restent inhabitées. Sur Saint-Apollinaire subsistent les ruines d'une petite église romane dédiée à ce saint, bâtie au XIIe siècle sur des vestiges romains — c'est aujourd'hui la part de l'archipel que personne ne visite.
Que faire et voir
- Rejoindre en bateau la grande île, Saint-Pancrace, pour visiter le jardin botanique et la villa.
- Observer les plantes subtropicales venues de Méditerranée, de Chine, d'Afrique et d'Océanie, qui hivernent en pleine terre grâce au climat insubrien.
- Repérer depuis la rive la petite île, Saint-Apollinaire, protégée et fermée au public.
Venir en famille : ce qu'il faut savoir
- L'archipel ne se rejoint que par bateau, sans aucun accès à pied.
- Seule la grande île se visite ; la petite, Saint-Apollinaire, est fermée au public.
En couple
- Se promener dans le jardin botanique de la grande île, ouvert au public depuis 1950.
- Observer les sommets encore enneigés au printemps depuis un jardin où les plantes tropicales hivernent dehors.
- En visitant la villa néoclassique, racontez-vous l'histoire de la baronne Antoinette Tzikos et de Max Emden.
Saint-Apollinaire, la petite île, est protégée et fermée au public : seule la grande île se visite.
L'archipel ne se rejoint que par bateau ; il n'existe aucun accès à pied.
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