Col ferroviaire · Alpes bernoises
Jungfraujoch
À 3 463 mètres entre le Mönch et la Jungfrau, la gare la plus haute d'Europe ouvre sur le glacier d'Aletsch, site UNESCO depuis 2001.
Le Jungfraujoch occupe le point le plus bas de l'arête qui relie le Mönch à la Jungfrau, dans les Alpes bernoises, à 3 463 mètres d'altitude, sur la limite entre les cantons de Berne et du Valais. Le col est situé sur les communes de Lauterbrunnen, côté bernois, et de Fieschertal, côté valaisan, où se trouvent presque tous les bâtiments du site. Il appartient au périmètre du site naturel Jungfrau-Aletsch, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2001, et domine le glacier d'Aletsch qui s'étend vers le sud.
La ligne qui y accède est proposée en 1893 par l'industriel zurichois Adolf Guyer-Zeller ; les travaux, commencés en 1896, s'achèvent en 1912 après le percement de 7,1 kilomètres de galerie sous l'Eiger et le Mönch, sur un tracé total de 9,3 kilomètres depuis la Kleine Scheidegg. La gare terminale, à 3 454 mètres, reste la plus haute d'Europe. Le site est souvent appelé « toit de l'Europe » dans les guides touristiques.
En surface, l'observatoire du Sphinx occupe un éperon rocheux à 3 571 mètres, du côté valaisan, au-dessus du glacier ; une station de recherche de haute altitude y est inaugurée en 1931 et reste gérée par la Fondation pour les stations scientifiques du Jungfraujoch et du Gornergrat. Le 21 octobre 1972, un incendie détruit l'hôtel et le restaurant du site sans faire de blessés ; le bâtiment qui les remplace, « Top of Europe » de l'architecte Ernst E. Anderegg, est inauguré en 1987. Depuis décembre 2020, le téléphérique Eiger Express relie directement Grindelwald à la gare d'Eigergletscher, sur la ligne du Jungfraujoch.
Le col est franchi pour la première fois en juillet 1862 par une cordée emmenée par l'alpiniste britannique Leslie Stephen, avec des guides de la vallée — trente ans avant que l'idée d'une ligne ferrée ne soit formulée. Entre 2017 et 2019, le site a accueilli plus d'un million de visiteurs par année, ce qui en fait l'un des lieux touristiques les plus fréquentés de Suisse.
Pourquoi ce lieu est remarquable
Le Jungfraujoch tient sa notoriété d'un contraste entre deux échelles de temps : une gare percée en seize ans dans le granite, entre 1896 et 1912, pour atteindre 3 454 mètres — la plus haute d'Europe — et un col que des alpinistes franchissaient déjà à pied en 1862. Depuis la ligne, on débouche sur le glacier d'Aletsch, au cœur d'un site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2001, tandis qu'à l'observatoire du Sphinx, sur son éperon de 3 571 mètres, une station de recherche fonctionne au même endroit que passe plus d'un million de visiteurs par année.
Histoire et origine
Le tracé, achevé en 1912 d'après un projet lancé en 1893 par l'industriel Adolf Guyer-Zeller, perce 7,1 kilomètres de galerie sous l'Eiger et le Mönch pour un parcours total de 9,3 kilomètres depuis la Kleine Scheidegg. Sur l'arête elle-même passe une ligne de partage des eaux : au nord, la Lütschine rejoint l'Aar puis le Rhin ; au sud, la Massa, alimentée par la fonte du glacier d'Aletsch, rejoint le Rhône. L'hôtel-restaurant ouvert avec la ligne brûle entièrement le 21 octobre 1972 ; le bâtiment actuel, « Top of Europe » de l'architecte Ernst E. Anderegg, date de 1987.
Que faire et voir
- Prendre le train jusqu'à la gare terminale à 3 454 mètres, la plus haute d'Europe, achevée en 1912.
- Observer le glacier d'Aletsch depuis le site, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2001.
- Monter à l'observatoire du Sphinx, à 3 571 mètres, au-dessus du glacier.
- Repérer le bâtiment « Top of Europe » de 1987, reconstruit après l'incendie de 1972.
Venir en famille : ce qu'il faut savoir
- Le site est à 3 463 mètres d'altitude, ce qui suppose une acclimatation ; aucune précision santé n'est donnée par la source.
En couple
- Regarder depuis le col le glacier d'Aletsch s'étirer vers le sud, au cœur du site UNESCO.
- Monter jusqu'à l'observatoire du Sphinx, sur son éperon rocheux de 3 571 mètres.
- Pendant le trajet en train, racontez-vous le percement de 7,1 kilomètres de galerie sous l'Eiger et le Mönch entre 1896 et 1912.
Localisation
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Lieux associés
Sommet des Alpes bernoises · 4 110 m · à 2 km à vol d'oiseau
Mönch
Au milieu de la file Eiger–Mönch–Jungfrau, il culmine à 4 110 mètres. Sa face sud s'adosse au Jungfraufirn, une langue du glacier d'Aletsch ; son nom viendrait d'un alpage à chevaux, non du moine qu'entend l'allemand d'aujourd'hui.
Sommet · Alpes bernoises · à 2 km à vol d'oiseau
Jungfrau
La montagne domine Lauterbrunnen, Grindelwald et le lac de Thoune. Depuis 1912, une crémaillère monte au Jungfraujoch, à plus de 3 400 mètres. Le site Jungfrau-Aletsch est inscrit au patrimoine mondial depuis 2001.
Sommet · Alpes bernoises · à 4 km à vol d'oiseau
Eiger
L'Eiger porte son sommet à 3 967 mètres au-dessus de Grindelwald. Sa face nord, haute d'environ 1 650 mètres, n'a été franchie qu'en juillet 1938 ; depuis 1912, un chemin de fer traverse la montagne dans son épaisseur.


