Village · Haute-Engadine, Grisons

Madulain

Un village de 206 habitants serré entre l'Inn et un éperon rocheux, sous les ruines du château de Guardaval, en Haute-Engadine.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Madulain s'étire sur la rive gauche de l'Inn, entre La Punt-Chamues-ch et Zuoz, à une quinzaine de minutes de Saint-Moritz. Le bâti, dense et irrégulier, se resserre autour d'une place centrale au pied de l'éperon rocheux qui porte les ruines du château de Guardaval. Avec 206 habitants recensés fin 2020, c'est la plus petite commune de Haute-Engadine ; une exclave, le Val Prünella, à une dizaine de kilomètres au sud, en occupe près de la moitié du territoire.

Le lieu, cité dès 1137-1139 sous le nom de Madulene, doit son relief à un château bâti en 1251 par Volkard von Neuburg, évêque de Coire, pour administrer depuis cette hauteur les terres épiscopales de Haute-Engadine. Le fief passe en 1377 à la famille Planta, mais la forteresse, jamais habitée, est mise en gage en 1409 auprès de la Ligue de la Maison-Dieu pour éponger les dettes de l'évêché ; elle cesse alors d'être un centre administratif et tombe en ruine dans le courant du XVe siècle.

Une église est mentionnée à Madulain dès 1370 ; l'édifice actuel, de style gothique tardif, est élevé vers 1510, avant l'introduction de la Réforme en 1554. La petite église réformée est aujourd'hui protégée comme monument historique. La commune, détachée de Zuoz en 1543, aligne les toits de son noyau villageois, tenu pour l'un des mieux conservés de Haute-Engadine, jusqu'à la gare qui dessert la ligne de Bever à Scuol-Tarasp.

Le puter, dialecte romanche de Haute-Engadine, restait la langue de tout le village jusqu'au début du XIXe siècle ; il n'est plus parlé aujourd'hui que par une minorité, l'allemand ayant pris le dessus après 1970.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Peu de villages engadinois tiennent en si peu d'espace : une rangée de maisons serrée entre l'Inn et l'éperon qui porte les ruines de Guardaval, château épiscopal bâti en 1251 puis abandonné après avoir été mis en gage en 1409. Le noyau villageois, resté l'un des mieux conservés de Haute-Engadine, se lit d'un regard depuis la place centrale jusqu'au clocher de l'église réformée élevée vers 1510.

Histoire et origine

Le château de Guardaval est bâti en 1251 par l'évêque de Coire Volkard von Neuburg sur l'éperon qui domine le village, pour y administrer les terres épiscopales de Haute-Engadine. Il devient en 1377 un fief de la famille Planta, mais n'a jamais été habité : mis en gage en 1409 auprès de la Ligue de la Maison-Dieu pour régler des dettes épiscopales, il perd sa fonction administrative et se ruine dès le XVe siècle. Une église est attestée à Madulain en 1370 ; l'édifice gothique tardif visible aujourd'hui date d'environ 1510, la Réforme y est introduite en 1554, et la commune se sépare de Zuoz en 1543 pour devenir une « Nachbarschaft » indépendante.

Que faire et voir

  • Observer depuis la place centrale du village les ruines du château de Guardaval, bâti en 1251 sur l'éperon rocheux.
  • Voir l'église réformée gothique tardif, élevée vers 1510, dans le noyau villageois tenu pour l'un des mieux conservés de Haute-Engadine.
  • Suivre le bâti dense et irrégulier resserré entre l'Inn et l'éperon rocheux.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • Le village se lit d'un seul regard depuis la place centrale jusqu'au clocher, un parcours court adapté à une visite tranquille.

En couple

  • Marcher jusqu'au pied de l'éperon qui porte les ruines de Guardaval, château épiscopal jamais habité.
  • Longer la rive gauche de l'Inn entre La Punt-Chamues-ch et Zuoz, à hauteur de Madulain.
  • S'arrêter devant l'église réformée du XVIe siècle, protégée comme monument historique.

Localisation

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