Ville · Ajoie, canton du Jura
Porrentruy
Sur l'Allaine, à l'extrême nord-ouest de la Suisse : la ville a logé la cour des princes-évêques de Bâle après 1528, et jusqu'en 1828.
Porrentruy occupe la vallée de l'Allaine, à l'extrême nord-ouest de la Suisse, dans l'Ajoie ; la rivière poursuit ensuite vers le Doubs. La commune couvre 14,75 km², boisés à 40,2 % et cultivés à 34,5 %, et la ville tient à 423 mètres entre deux reliefs : la hauteur du château, qui domine les toits, et la colline sud où une chapelle s'élevait déjà après 1233, à l'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre.
La ville doit sa figure à un exil. Quand Bâle passe à la Réforme en 1528, les princes-évêques transportent ici leur résidence, d'abord dite provisoire ; elle le restera officiellement jusqu'en 1828, l'année où le siège gagne Soleure. Trois siècles de cour épiscopale ont laissé à une ville modeste un château, un collège de jésuites, un hôtel-Dieu, une porte de ville et trois fontaines historiques — la Samaritaine, le Suisse, la Boule dorée. La commune a reçu le prix Wakker en 1988.
Avant les évêques, Porrentruy avait déjà changé de mains plus souvent qu'à son tour : franchises reçues de Rodolphe de Habsbourg en 1283, gages et ventes entre l'évêché de Bâle, les comtes de Montbéliard et les Wurtemberg, jusqu'au retour de l'Ajoie à l'évêque en 1461. Le 28 avril 1792, les troupes du général Custine entrent dans la ville ; elle devient la capitale de l'éphémère République rauracienne, puis le chef-lieu du département français du Mont-Terrible en 1793. Le Congrès de Vienne la rend à la Suisse en 1815, mais à l'intérieur du canton de Berne : de là vient la question jurassienne, qui ne trouve son issue partielle qu'en 1979, avec un canton du Jura dont le chef-lieu échoit à Delémont.
Le sanglier, lui, n'a pas bougé : il tient les armoiries, se dresse en statue devant l'hôtel de ville et court encore les forêts voisines. Une légende locale lui fait franchir le rempart d'un bond avant de tomber devant le perron — de quoi convaincre le Conseil de surélever l'enceinte, et de quoi valoir à l'animal sa place sur l'écu. La ville abrite depuis 2016 un musée consacré à l'art optique, le POPA, et adhère depuis 2017 à l'association Les Plus Beaux Villages de Suisse.
Pourquoi ce lieu est remarquable
Porrentruy porte l'équipement d'une capitale sans en avoir eu la taille. Parce que la Réforme a chassé de Bâle ses princes-évêques en 1528, une petite ville d'Ajoie a logé leur cour jusqu'en 1828 : de là le château, le collège des jésuites, l'hôtel-Dieu et les fontaines, pour 6 574 habitants au 31 décembre 2024. C'est ce décalage entre le rang et le nombre que l'on voit d'abord depuis la hauteur du château.
Histoire et origine
Le nom résiste. Deux lectures coexistent sans être départagées : le latin pons associé à un nom de femme germanique du type Ragintrudis — le pont de Ragnétrude — ou un germanique brunntrutt, « source abondante ». Les mentions les plus anciennes ne sont pas datées de la même façon selon les passages : 1136 pour les formes écrites Punrentrut et Purrentru, entre 968 et 1148 pour les premières mentions historiques. L'occupation du site est plus ancienne encore : un temple gallo-romain a été mis au jour en 1983 près du cimetière En Solier.
Que faire et voir
- Monter à la hauteur du château pour dominer les toits de la ville et mesurer l'écart entre son rang passé de résidence épiscopale et sa taille actuelle.
- Chercher les trois fontaines historiques de la ville — la Samaritaine, le Suisse, la Boule dorée.
- Repérer la statue du sanglier devant l'hôtel de ville, animal qui figure sur les armoiries depuis la légende du bond par-dessus le rempart.
- Visiter le musée POPA, consacré à l'art optique, ouvert depuis 2016.
Venir en famille : ce qu'il faut savoir
- La ville tient entre deux reliefs, la hauteur du château et la colline sud de l'église Saint-Pierre : prévoir une marche en montée pour de jeunes enfants.
En couple
- Flâner entre le château, le collège des jésuites et l'hôtel-Dieu, hérités des trois siècles de cour épiscopale entre 1528 et 1828.
- Chercher ensemble les trois fontaines historiques disséminées dans la vieille ville.
- S'arrêter à l'église Saint-Pierre, sur la colline sud où une chapelle s'élevait déjà après 1233.
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