Petite ville médiévale · Seeland

Büren an der Aare

Un pont de bois couvert franchit l'Aare au pied d'un bourg à arcades qui tient son droit de cité de 1260.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

← Retour à l'exploration

Büren an der Aare occupe une langue de terre serrée entre la rivière et le coteau, à 443 mètres d'altitude, dans l'arrondissement administratif du Seeland. Avant les corrections des eaux du Jura, un fossé en faisait le tour ; la vieille ville s'adosse aujourd'hui au canal de Nidau-Büren. L'essentiel du bourg tient dans une rue bordée d'arcades et de façades peintes, fermée d'un côté par le château des baillis bernois, aujourd'hui siège de l'administration de district. La commune compte 3 806 habitants au 31 décembre 2024 sur 12,7 kilomètres carrés.

Le pont de bois couvert est l'ouvrage qui a le plus souvent recommencé. Une traversée existe ici depuis le XIIIe siècle ; crues, débâcles de glace et incendies l'ont détruite huit fois. Les troupes bernoises l'ont brûlée en 1798 devant l'avance française, et le pont reconstruit en 1821 a tenu jusqu'au 5 avril 1989, quand un incendie criminel n'en a laissé que la structure du plancher. Le neuvième ouvrage a été livré à la circulation en 1991 ; c'est Peter Travaglini, sculpteur établi dans la ville, qui en a dessiné la forme.

L'histoire du lieu est celle d'un point de passage disputé. Le nom apparaît dans les textes en 1185, le droit de cité est accordé en 1260 puis confirmé en 1288, et Berne prend la place en 1388 avant d'en faire le siège d'un bailliage de 1393 à 1798. Deux incendies de ville, en 1921 et 1925, ont donné à la vieille ville sa forme actuelle. De 1940 à 1946, l'armée suisse a exploité dans une boucle de l'Aare, à l'écart du bourg, le plus grand camp d'internement de Suisse : cent vingt baraques dimensionnées pour cinq à six mille personnes, militaires internés d'abord, réfugiés juifs et travailleurs forcés évadés ensuite.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Ce que Büren donne à voir tient d'abord à un ouvrage : un pont de bois couvert posé sur des piles maçonnées au milieu de l'Aare, dont la ligne basse ferme la vue depuis les deux rives. Il n'a rien d'un vestige épargné par le temps — c'est la neuvième version d'une traversée recommencée depuis le XIIIe siècle et détruite huit fois par l'eau, la glace ou le feu, la dernière en 1989. Derrière lui, le bourg tient dans une rue à arcades et garde un droit de cité accordé en 1260.

Histoire et origine

La ville est née d'un passage sur l'Aare. Fondée au XIIe siècle par les seigneurs de Strassberg et mentionnée en 1185, elle reçoit le droit de cité en 1260, confirmé en 1288. En 1375, le dernier comte de Nidau, Rodolphe IV, y meurt en défendant la place contre les Gugler ; Berne s'en empare en 1388. La commune absorbe Reiben en 1911. Au sud du bourg, les fouilles menées de 1992 à 1997 sur le site de Chilchmatt ont mis au jour une occupation remontant à l'âge du bronze et un lieu de pèlerinage important à la fin du Moyen Âge. Le bourg est admis en 2017 dans l'association Les plus beaux villages de Suisse.

Que faire et voir

  • Traverser le pont de bois couvert, neuvième ouvrage sur ce site depuis le XIIIe siècle, dessiné par le sculpteur Peter Travaglini après l'incendie de 1989.
  • Marcher dans la rue à arcades et façades peintes, fermée par le château des baillis bernois, aujourd'hui siège de l'administration de district.
  • Se représenter le droit de cité accordé en 1260 et confirmé en 1288, qui a fixé le statut de la ville.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • La vieille ville s'adosse aujourd'hui au canal de Nidau-Büren, sur une langue de terre entre rivière et coteau.

En couple

  • Observer la ligne basse du pont de bois couvert posé sur ses piles maçonnées, au milieu de l'Aare.
  • Se promener dans le bourg admis en 2017 parmi les plus beaux villages de Suisse.
  • En traversant le pont ensemble, évoquez son histoire mouvementée : détruit huit fois par l'eau, la glace ou le feu, dont l'incendie criminel de 1989.

Localisation

Charge une carte interactive Google Maps à la demande, à partir des coordonnées vérifiées du lieu.

Ouvrir dans Google Maps

Lieux associés

Une passerelle metallique accrochee a la paroi rocheuse d'une gorge etroite et boisee, surplombant un torrent d'eau turquoise qui devale entre de gros blocs ; la roche sombre et moussue encadre une trouee de lumiere et de feuillage vert au sommet du cadre.

Gorges calcaires · Bienne, Berne · à 8 km à vol d'oiseau

Gorges de la Suze

Un chemin pédestre y est aménagé en 1889 ; les gorges sont placées sous protection de la nature dès 1927. Le nom Taubenloch, attesté depuis 1532, reste d'origine incertaine malgré plusieurs explications concurrentes.

Voir sur la carte (Berne)

La vieille ville de Soleure se reflète dans l'Aar, dominée par les tours claires de la cathédrale Saint-Ours-et-Saint-Victor, sous un ciel bleu dégagé.

Ville des ambassadeurs · à 15 km à vol d'oiseau

Soleure

Fondée par Rome sous le nom de Salodurum, admise dans la Confédération en 1481, Soleure garde tours et portes des XVe-XVIe siècles autour de sa cathédrale baroque et de son hôtel de ville, achevé en 1711. 16 847 habitants fin 2024.

Voir sur la carte (Soleure)

Le chemin d'automne menant à l'ermitage de Sainte-Vérène serpente entre deux parois calcaires trouées de petites grottes, sous une voûte de feuillages roux et dorés ; au fond, la chapelle blanche à clocheton rouge se niche contre la roche, entourée d'un jardin clôturé et d'un réverbère à l'ancienne.

Ermitage dans la gorge · Soleure · à 16 km à vol d'oiseau

Gorges de Sainte-Vérène

Aménagée en jardin romantique à la fin du XVIIIe siècle par le diplomate français Louis Auguste Le Tonnelier de Breteuil, la gorge est inscrite à l'ISOS, et son ermitage est bien culturel suisse de classe A.

Voir sur la carte (Soleure)