Village de montagne · Valais

Évolène

Le principal village du val d'Hérens, à 1 370 mètres au bord de la Borgne, où le patois francoprovençal se parle encore et où le carnaval dure deux mois.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Évolène tient le fond du val d'Hérens, à 1 370 mètres, sur la rive de la Borgne. C'est le plus peuplé des six villages de la commune qui porte son nom — près de 800 habitants — et il en garde l'administration, l'école et les commerces, alignés le long d'une rue centrale bordée de maisons de bois posées sur des soubassements de pierre. La commune, elle, couvre 209,94 kilomètres carrés et comptait 1 666 habitants au 31 décembre 2024 : douzième plus vaste de Suisse, elle est aux deux tiers minérale, 67,8 % de sa surface étant improductive. Au-dessus, la dent Blanche monte à 4 358 mètres.

Les cinq autres villages se répartissent selon l'altitude et le soleil. Villa, La Sage et La Forclaz occupent une terrasse orientée au sud, à quelque 300 mètres au-dessus de la plaine qui va d'Évolène aux Haudères ; leurs prés montent jusqu'à 2 700 mètres. Les Haudères, environ 450 habitants, se tient là où la Borgne de Ferpècle et celle d'Arolla se rejoignent, au pied des dents de Veisivi. Arolla, à 2 000 mètres, est le plus élevé et le plus reculé, sur la haute route qui va de Chamonix à Zermatt. Le hameau de Lannaz, classé d'importance nationale à l'inventaire ISOS, dispose ses maisons et sa chapelle Saint-Laurent en anneau autour d'une prairie ; il n'y vit plus qu'une quinzaine de personnes.

L'ouverture tardive de la vallée se lit encore dans les usages. Le costume traditionnel s'y est porté plus longtemps qu'ailleurs, et le patois évolénard, une forme de francoprovençal, demeure la langue courante des habitants de plus de 60 ans, que les enfants apprennent encore en famille. Le carnaval en est la manifestation la plus visible : il court du 6 janvier au mardi gras. Le nom du village vient du ruisseau dont la source jaillit en son centre — ewe, l'eau en francoprovençal, suivi d'un adjectif que l'on rattache à l'idée de douceur ; on dit Èvouolïn-na en patois valaisan, Oleïnna dans la variante d'ici, et Evolena en allemand.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Ce qui distingue Évolène tient moins au décor qu'à la durée. Le village a vécu presque en autarcie jusqu'au début du XXe siècle : pas de route carrossable vers Sion avant 1862, pas d'automobile avant 1926, pas de car postal avant 1950. Ce délai a laissé survivre ce que l'ouverture a effacé ailleurs — un patois francoprovençal encore parlé, un costume qui ne s'est jamais tout à fait éteint, un carnaval qui occupe deux mois de l'hiver.

Histoire et origine

La tradition locale place la fondation du village vers 1200, mais les documents ne commencent qu'au XIVe siècle : en 1369, les gens d'Évolène concluent un traité avec ceux du Valpelline, de l'autre côté du col de Collon, par où passaient alors les échanges. La première église paroissiale est bâtie en 1446 ; la paroisse a saint Jean-Baptiste pour patron, fêté le 24 juin. Évolène ne devient une commune distincte qu'en 1806 et reste unie à Saint-Martin jusqu'en 1922. Le tourisme arrive au XIXe siècle — l'Hôtel de la Dent-Blanche ouvre en 1857 — puis le chantier de la Grande-Dixence transforme la vallée au XXe siècle, apportant routes, eau potable et réseau électrique jusqu'à Arolla et Ferpècle.

Que faire et voir

  • Parcourir la rue centrale d'Évolène, bordée de maisons de bois posées sur des soubassements de pierre, au bord de la Borgne.
  • Lever les yeux vers la dent Blanche, qui domine le village à 4 358 mètres.
  • Envisager une extension vers les Haudères, où se rejoignent la Borgne de Ferpècle et celle d'Arolla, ou vers le hameau de Lannaz, classé ISOS, dont les maisons s'organisent en anneau autour d'une prairie.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • Le carnaval, qui court du 6 janvier au mardi gras, et le patois évolénard encore transmis en famille peuvent intéresser les enfants curieux des traditions locales.

En couple

  • Marcher le long de la rue centrale d'Évolène, entre les maisons de bois traditionnelles, face à la dent Blanche.
  • En vous promenant dans le village, imaginez son isolement jusqu'au début du XXe siècle — pas de route carrossable vers Sion avant 1862 — qui a laissé vivre un patois francoprovençal encore parlé aujourd'hui.
  • Prolonger la balade vers les Haudères, au confluent des deux Borgnes, au pied des dents de Veisivi.
À savoir avant de venir

La vallée est exposée aux avalanches, aux éboulements et aux crues de la Borgne, et l'habitat s'est concentré aux endroits les plus sûrs. Le 21 février 1999, plusieurs avalanches sur le territoire d'Évolène ont fait douze morts. Les conditions de montagne se vérifient auprès des services officiels avant toute course en altitude.

La vallée est exposée aux avalanches, aux éboulements et aux crues de la Borgne ; le 21 février 1999, plusieurs avalanches sur le territoire d'Évolène ont fait douze morts — vérifier les conditions de montagne auprès des services officiels avant toute course en altitude.

Localisation

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Lieux associés

Un lac de montagne aux eaux turquoise et transparentes, immobile, qui reflète une paroi rocheuse déchiquetée couverte de névés sous un ciel bleu clair. Sur la rive proche, quelques mélèzes et un sentier de terre longent l'eau ; de petites silhouettes de randonneurs se tiennent au bord, donnant l'échelle du paysage.

Lac de montagne · Valais · à 7 km à vol d'oiseau

Lac Bleu d'Arolla

Entouré de mélèzes et d'arolles au lieu-dit Le Louché, le lac est alimenté par un affluent né à 10 mètres en amont ; son exutoire rejoint la Borgne d'Arolla par le torrent des Aiguilles Rouges, après environ 280 mètres.

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Vue plongeante vers le ciel d'une pyramide de terre d'Euseigne : une flèche de moraine grise, texturée de galets incrustés, s'élève en s'amincissant vers un bloc rocheux sombre qui la coiffe ; à l'arrière-plan, un ciel nuageux, et au pied de la formation, la cime d'un jeune bouleau et des buissons verts.

Cheminées de fées · Valais · à 9 km à vol d'oiseau

Pyramides d'Euseigne

Chaque cône de moraine des pyramides d'Euseigne, haut de 10 à 15 mètres, est coiffé d'une pierre qui le protège de l'érosion ; la route du val d'Hérens passe par un tunnel creusé sous les formations.

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Le village vu depuis le bas de sa pente, en plein été : au premier plan deux raccards de bois noirci posés sur leurs pilotis et leurs dalles rondes, au-dessus de jardins potagers ; derrière eux les maisons de mélèze s'étagent, balcons chargés de géraniums rouges, jusqu'au clocher blanc à flèche pointue de l'église et à la haute croix de mission qui dépasse des toits. À droite, le versant boisé du val d'Anniviers et une crête rocheuse sous un ciel bleu sans nuage.

Valais · Val d'Anniviers · à 10 km à vol d'oiseau

Grimentz

Grimentz tient sa pente à 1 572 mètres, au-dessus du val d'Anniviers. Les raccards sur pilotis y voisinent la Maison Bourgeoise de 1550, dans les caves de laquelle vieillit le vin du Glacier.

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