Lac glaciaire · Vaud, Genève, Valais

Lac Léman

Le plus grand lac d'Europe de l'Ouest : 580,1 km² d'eau en croissant, partagés au milieu par la Suisse et la France.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Le Léman dessine un croissant de 72,8 km d'est en ouest, large de moins de 14 km, entre le pied du Jura et les premiers reliefs des Alpes. Sa surface de 580,1 km² en fait le plus grand lac d'Europe de l'Ouest ; l'eau descend jusqu'à 309,7 m sous la surface, pour une profondeur moyenne de 152,7 m. La frontière franco-suisse suit l'axe du lac : la rive nord et les deux pointes reviennent aux cantons de Vaud, de Genève et du Valais, la rive sud à la Haute-Savoie. Sur 200,2 km de rives, 58 relèvent de la France.

Le Rhône traverse le lac d'est en ouest et lui fournit à lui seul 75 % de ses apports. Depuis 1884, le niveau n'est plus abandonné à la pluie et à la fonte : il est réglé artificiellement dans une marge étroite, entre 371,7 et 372,3 mètres. Deux bassins d'inégale grandeur se répondent, le Grand-Lac à l'est et le Petit-Lac entre Yvoire et Genève.

Les berges, elles, ont beaucoup changé de main et de matière. En 2006, la commission internationale chargée de la protection des eaux du lac n'y relevait plus que 3 % de rivage resté sauvage ; environ 60 % des berges et de leurs abords étaient aménagés, enrochés, pavés ou privatisés, le reste se partageant entre prés semi-naturels et cultures. Genève, Lausanne et Montreux d'un côté, Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains de l'autre, jalonnent un rivage que se partagent 65 communes.

Le nom, lui, est plus vieux que les cartes qui le portent. Léman remonte à une racine indo-européenne qui signifie déjà « lac » : dire « lac Léman » revient à le dire deux fois, un pléonasme que l'usage a fixé dès l'Antiquité. Strabon écrit lemanè limnè au Ier siècle avant notre ère, Jules César lacus lemanus en 58 avant notre ère. Le Moyen Âge lui préfère « lac de Lausanne », le XVIe siècle « lac de Genève » ; la carte nationale suisse a gardé cette dernière forme pour l'ensemble du plan d'eau jusqu'en 2003, avant de la réserver au seul Petit-Lac.

Pourquoi ce lieu est remarquable

L'intérêt du Léman tient à l'écart entre sa masse et ce que l'on peut en voir : 580,1 km² et 309,7 m de fond, mais un arc assez refermé pour qu'aucune rive n'en montre l'ensemble. C'est aussi un lac à deux États, dont la frontière suit l'axe de l'eau depuis le traité de Lausanne de 1564, et un lac réglé, dont le niveau tient depuis 1884 entre 371,7 et 372,3 mètres.

Histoire et origine

L'origine du bassin a longtemps divisé les géologues. Trois écoles se sont succédé de la seconde moitié du XIXe siècle aux années 1970 — influence tectonique, érosion fluviatile, action des glaciers — et l'hypothèse tectonique a longtemps eu le dessus. Les campagnes d'imagerie sismique menées sur le substratum du lac dans les années 1980 ont fait pencher la balance vers un surcreusement par le glacier du Rhône au cours des glaciations quaternaires. Le lac lui-même s'est mis en place lors du retrait de ce glacier, il y a près de 16 000 ans. La même source encyclopédique conserve pourtant, dans son résumé, une formulation plus ancienne qui attribue le Grand-Lac à un plissement tectonique et le Petit-Lac au glacier : le désaccord est signalé ici plutôt que tranché.

Que faire et voir

  • Observer l'arc du lac depuis la rive, en sachant qu'aucun point ne permet d'en voir l'ensemble d'un coup d'œil.
  • Repérer le passage du Rhône, qui traverse le lac d'est en ouest et lui fournit 75 % de ses apports.
  • Comparer les deux bassins du lac, le Grand-Lac à l'est et le Petit-Lac entre Yvoire et Genève.
  • Longer les rives entre Lausanne et Montreux d'un côté, Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains de l'autre.

En couple

  • Une promenade au bord de l'eau, sur un rivage aujourd'hui aménagé à environ 60 % selon la source.
  • Le passage du Grand-Lac au Petit-Lac, deux ambiances inégales sur une même étendue d'eau.
  • La rive côté Lausanne ou Montreux, face aux reliefs français de l'autre bord.
  • Le nom même du lac, pléonasme antique entre Strabon et Jules César, comme sujet de conversation en chemin.

Localisation

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Lieux associés

Vue surplombante de Lausanne depuis le crêt de Montriond : les toits de tuiles de la ville s'étagent en pente vers le Léman, dont la rive scintille au loin devant la chaîne des Alpes, sous un ciel dégagé.

Ville en pente · Lac Léman · à 11 km à vol d'oiseau

Lausanne

Bâtie sur trois collines au-dessus du Léman, Lausanne monte sans répit. Sa cathédrale, élevée entre 1170 et 1230, est la plus importante de Suisse en gothique ; le Comité international olympique y siège depuis 1915.

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Village vigneron · Vaud · à 19 km à vol d'oiseau

Saint-Saphorin

Le village d'origine, au bord de l'eau, a été détruit par l'éboulement du Tauredunum en 563. Reconstruit plus haut, il s'est groupé autour d'une église élevée entre 1517 et 1521, dont le sous-sol garde les vestiges romains.

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Le village de Bursins vu depuis les vignes, en fin de journée : des rangs de vigne occupent tout le premier plan, les maisons et le clocher se serrent au milieu du coteau, et derrière eux la plaine, le Léman et la rive opposée se perdent dans la brume de chaleur.

Village vigneron · La Côte vaudoise · à 20 km à vol d'oiseau

Bursins

L'église Saint-Martin, bâtie au XIe siècle et devenue prieuré de Romainmôtier en 1238, tient le haut du village. En contrebas, les vignes descendent vers la plaine et le lac.

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