Ville en pente · Lac Léman

Lausanne

Quatrième ville de Suisse, bâtie sur trois collines et une pente de plus de 500 mètres qui descend jusqu'au Léman.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Lausanne est bâtie sur une pente. Du port d'Ouchy, à 374 mètres, au col du Chalet-à-Gobet, à 873, la commune franchit plus de 500 mètres de dénivelé sur 41,38 km². Le centre tient sur trois collines — la Cité, le Bourg, Saint-Laurent — que séparent les ravins creusés par le Flon et la Louve, et que relient le Grand-Pont et le pont Bessières ; seize rivières coulent sur le territoire communal. Au 31 décembre 2024 la ville comptait 144 873 habitants ; l'agglomération en réunissait 438 438 trois ans plus tôt, au 31 décembre 2021 : c'est la quatrième de Suisse par la population, après Zurich, Genève et Bâle.

Le nom vient du celtique lausa, la dalle, et d'un suffixe qui servait à former des noms de cours d'eau : Lousonna a d'abord désigné le Flon, ou une partie de son cours, avant de nommer le vicus gallo-romain fondé au bord du lac à partir de 15 avant notre ère, à l'emplacement de l'actuel quartier de Vidy. Au milieu du IVe siècle, le vicus est délaissé : on remonte s'installer sur la colline de la Cité, que ses escarpements rendent tenable. Lausanne devient ensuite une étape de la via Francigena — Sigéric la note Losanna en 990 — et, cinq siècles durant — de 1032 à 1536 —, l'évêque et son chapitre y tiennent un État d'Église dont les bornes vont d'une rivière à l'autre, de la Veveyse à la Venoge, vignoble de Lavaux inclus.

L'essentiel de la cathédrale Notre-Dame s'élève entre 1170 et 1230 environ. Aucune autre église gothique du pays n'atteint cette ampleur, et c'est la première du style à sortir de terre hors des frontières françaises ; ses modèles sont à chercher plus au nord, à Laon, et outre-Manche, à Canterbury. Le pape Grégoire X et l'empereur Rodolphe la consacrent en 1275 ; la ville devient alors un lieu de pèlerinage marial qui attire chaque année plus de 70 000 personnes, près de dix fois sa population d'alors. Son Portail peint est l'un des rares d'Europe à conserver des traces importantes de sa polychromie d'origine, et un guetteur y crie encore l'heure aux quatre points cardinaux depuis le beffroi, chaque nuit de l'année.

Ce que Lausanne est devenue tient à quelques décisions. L'ouverture du tunnel du Simplon, en 1906, en fait un nœud ferroviaire international. En 1915, Pierre de Coubertin y transfère le siège du Comité international olympique ; depuis 1993, « capitale olympique » est chez elle un titre officiel. Le palais de Rumine, élevé en 1896 par l'architecte lyonnais Gaspard André, tient la place de la Riponne et abrite aujourd'hui des musées. La première zone piétonne de Suisse y est créée en 1962, et le métro M2, ouvert en 2008, est le premier métro automatique du pays. Sur la campagne de Dorigny, au bord du lac, le campus réunit l'Université de Lausanne et l'École polytechnique fédérale, soit quelque 26 000 étudiants.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Lausanne ne se visite pas à plat. La ville franchit plus de 500 mètres entre le port d'Ouchy et le Chalet-à-Gobet, et son centre tient sur trois collines séparées par deux ravins qu'il a fallu enjamber ou combler : les ponts, le tunnel et le métro sont une conséquence du relief, pas un décor. En haut, une cathédrale commencée vers 1170, dont le portail garde encore sa peinture ; en bas, le lac. Et depuis 1915, le Comité international olympique y a son siège — une seconde raison, moins visible, d'être connue.

Histoire et origine

Le site est habité dès 6000 avant notre ère selon le Dictionnaire historique de la Suisse. Le vicus de Lousonna, fondé au bord du lac à partir de 15 avant notre ère, s'étend jusqu'au milieu du IIIe siècle, décline avec les invasions germaniques et cède la place à la colline de la Cité au milieu du IVe siècle. L'État épiscopal dure de 1032 à 1536 ; cette année-là, les Bernois prennent la ville, l'évêque s'enfuit, la Réforme s'installe et l'académie est fondée. Le relief a longtemps commandé : c'est seulement au XIXe siècle que la « traversée de Lausanne », conçue par l'ingénieur Adrien Pichard, franchit le ravin du Flon par un grand pont et perce l'éperon de la Barre d'un tunnel.

Que faire et voir

  • Monter à la cathédrale Notre-Dame, élevée entre 1170 et 1230, et observer le Portail peint, qui garde des traces de sa polychromie d'origine.
  • Descendre du col du Chalet-à-Gobet au port d'Ouchy, en suivant le dénivelé de plus de 500 mètres qui structure la ville.
  • Traverser le Grand-Pont ou le pont Bessières, qui relient les trois collines de la Cité, du Bourg et de Saint-Laurent.
  • Voir le palais de Rumine, élevé en 1896 place de la Riponne.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • Le relief est marqué : plus de 500 mètres de dénivelé entre le lac et le Chalet-à-Gobet, à considérer pour organiser une marche avec des enfants.

En couple

  • La cathédrale Notre-Dame au sommet de la Cité, avec son guetteur qui crie encore l'heure chaque nuit.
  • Une descente vers le port d'Ouchy et le bord du lac Léman.
  • Les ravins du Flon et de la Louve, enjambés par le Grand-Pont, à observer depuis les hauteurs.
  • Le campus de Dorigny, au bord du lac, pour une promenade plus tranquille.

Localisation

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