Ville sur le Rhin · Argovie
Rheinfelden
Une ville argovienne alignée sur la rive du Rhin, dont le nom a servi deux fois de champ de bataille et dont les fontaines s'écoutent encore chanter.
Rheinfelden tient la rive suisse du Rhin, à 274 mètres d'altitude, et donne son nom au district argovien qui l'entoure. Depuis la berge d'en face, la ville se lit d'un seul regard : une file de maisons serrées au bord de l'eau, une tour trapue coiffée d'un toit en pointe, le clocher à bulbe qui les dépasse, et le fleuve occupant tout le premier plan. Au Moyen Âge, la ville relève de la maison de Souabe.
Les chiffres de 2011 donnent 12 074 habitants, dont 29,1 % d'étrangers. La composition confessionnelle est partagée — 36,1 % de catholiques, 33 % de réformés, 7,1 % de musulmans, puis des minorités orthodoxe et catholique-chrétienne — et l'allemand est la langue principale de 82,9 % des habitants, devant l'italien à 3,8 %.
La coutume la plus tenace de la ville est née d'une épidémie. En 1541, la peste frappe Rheinfelden et l'on soupçonne l'eau des fontaines publiques de l'avoir portée. Douze survivants font alors, devant ces mêmes fontaines, le vœu de protéger les habitants du fléau, et fondent une confrérie placée sous l'invocation de saint Sébastien, tenu pour guérisseur de la peste. Chaque année, le 24 puis le 31 décembre, douze membres de la confrérie traversent la ville en cortège et chantent en cercle, devant chaque fontaine, un ancien cantique de Noël. C'est le Brunnensingen, le chant des fontaines.
Pourquoi ce lieu est remarquable
Rheinfelden fait tenir ensemble deux mémoires qui s'accordent mal. Celle des armées : deux batailles portent le nom de la ville, en 1638 et en 1678, et les Français la prennent et la démantèlent en 1744. Et celle d'un vœu : depuis 1541, une confrérie de douze hommes chante à la fin de chaque année devant les fontaines, en mémoire d'une peste qu'on croyait venue de leur eau. La première a laissé des destructions, la seconde se rejoue.
Histoire et origine
Le nom de la ville revient deux fois dans les guerres européennes du XVIIe siècle. En 1638, Français et Autrichiens s'y affrontent en deux temps : au premier combat, Jean de Werth l'emporte et le duc de Rohan est blessé à mort ; au second, le même Jean de Werth est battu et fait prisonnier. Quarante ans plus tard, le 6 juillet 1678, à la fin de la guerre de Hollande, les impériaux commandés par Charles V de Lorraine sont défaits par le maréchal de Créquy. En 1744, les Français prennent la ville et la démantèlent.
Que faire et voir
- Observer depuis la rive d'en face la ligne de maisons serrées au bord du Rhin, la tour trapue et le clocher à bulbe.
- Assister, le 24 ou le 31 décembre, au Brunnensingen : douze membres d'une confrérie chantent en cercle devant chaque fontaine de la ville.
- Repérer les traces des deux batailles qui portent le nom de la ville, en 1638 et en 1678.
- Se promener le long du Rhin, qui occupe tout le premier plan de la ville côté fleuve.
En couple
- Longer la rive du Rhin au coucher du jour pour profiter de la silhouette de la ville, tour et clocher à bulbe se détachant sur le fleuve.
- Chercher les fontaines publiques devant lesquelles se tient chaque année le Brunnensingen, né du vœu de 1541.
- En marchant dans la vieille ville, racontez-vous les deux batailles de Rheinfelden et le démantèlement de la ville par les Français en 1744.
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