Cascade frontalière · Jura neuchâtelois

Saut du Doubs

Une chute de 27 mètres sur le Doubs, à la frontière franco-suisse, née d'un éboulement vieux de 12 000 ans qui a formé le lac des Brenets.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Le Saut du Doubs est une chute d'eau de 27 mètres, sur la rivière du Doubs, à la frontière entre la France et la Suisse : la commune de Villers-le-Lac, côté français, et celle du Locle, côté suisse, se partagent le site. Il se situe à l'extrémité est du lac des Brenets — appelé lac de Chaillexon côté français — lui aussi à cheval sur la frontière ; en aval, le Doubs poursuit sa course dans des gorges creusées dans le massif du Jura.

La chute est née il y a environ 12 000 ans, quand un éboulement — peut-être déclenché par un séisme — a emporté les deux versants de la vallée, à l'endroit où commençaient alors les gorges du Doubs, à l'ouest de Morteau. Le barrage naturel qui en résulte a submergé les gorges en amont, formant un lac de retenue long de 15 kilomètres ; le lac des Brenets, long de 3,7 kilomètres, en est aujourd'hui le seul vestige. Le Doubs, dévié par cet éboulement, franchit la falaise correspondant à l'ancienne rive droite de la gorge : c'est le saut lui-même.

La chute est réputée infranchissable, coupée par un rebord situé à environ 5 mètres du bord supérieur. Seules les crues font disparaître ce seuil : le 25 octobre 2019, profitant d'une crue à 70 mètres cubes par seconde, trois kayakistes du club de Voray-sur-l'Ognon ont franchi la chute ; la Française Nouria Newman a fait de même le 4 février 2020.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Le Saut du Doubs tient sa forme d'un événement unique : un éboulement vieux de 12 000 ans, qui a créé à la fois la chute de 27 mètres et le lac de retenue naturel dont le lac des Brenets, long de 3,7 kilomètres, est le vestige. Le barrage qu'il a formé n'a jamais cessé de fuir — 3 mètres cubes d'eau par seconde à travers la roche — et la chute elle-même, longtemps jugée infranchissable, n'a été descendue en kayak qu'à deux reprises, en crue : en 2019 puis en 2020.

Histoire et origine

Le barrage naturel qui retient le lac des Brenets n'est pas étanche : il est formé d'une accumulation perméable de fragments de calcaire, à travers laquelle s'échappent 3 mètres cubes d'eau par seconde, ce qui abaisse le niveau du lac lors des étiages. Des travaux de colmatage menés en 2001 ont réduit une partie de ces pertes. Côté français, le site est protégé au titre des sites classés depuis 1912 ; un second classement, en 2001, porte sur une zone élargie de 438 hectares englobant les bassins naturels du Doubs en amont, la chute et le bassin artificiel créé en aval par le barrage du Châtelot ; il appartient au parc naturel régional du Doubs.

Que faire et voir

  • Observer la chute de 27 mètres et le rebord situé à environ 5 mètres du bord supérieur qui la rend infranchissable hors crue.
  • Longer le lac des Brenets, vestige du barrage naturel formé par l'éboulement d'il y a environ 12 000 ans.
  • Repérer en aval les gorges creusées dans le massif du Jura après la chute.

En couple

  • Longer le lac des Brenets, long de 3,7 kilomètres, jusqu'au point où le Doubs franchit la falaise.
  • Se représenter le franchissement en kayak de la chute par trois kayakistes en crue le 25 octobre 2019, puis par Nouria Newman en 2020.
  • Observer le barrage naturel de calcaire à travers lequel s'échappent 3 mètres cubes d'eau par seconde.

Localisation

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