Village · Grisons

Sent

Un village romanche sur une terrasse ensoleillée au-dessus de l'Inn, en Basse-Engadine, connu pour ses pignons galbés.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Sent tient une terrasse ensoleillée sur la rive gauche de l'Inn, vers 1 440 mètres, en Basse-Engadine. Le vallader, dialecte du romanche, y est resté la langue de la majorité des habitants. La commune a existé jusqu'en 2015 : elle a rejoint alors Scuol, avec Ardez, Ftan, Guarda et Tarasp. Son ancien territoire montait jusqu'au Piz Tasna, à 3 179 mètres, et comprenait les hameaux de Sur En, Crusch, Sinestra et Zuort.

Le village est mentionné pour la première fois en 930, quand le roi Henri Ier confie à un prêtre de Ramosch l'église du vicus Sindes — on ignore laquelle des deux, Saint-Pierre ou Saint-Laurent, et l'origine du nom reste inexpliquée. À l'entrée du village, la ruine de la Baseglia San Peder remonte aux environs de 1200 ; abandonnée après la Réforme, elle doit sans doute sa tour encore debout d'avoir servi de poudrière. L'église Saint-Laurent, elle, a été agrandie en style gothique en 1496 par Andreas Bühler. Sent a beaucoup brûlé : une armée autrichienne l'incendie en 1499, et cinq grands incendies de village suivent, du XVIe au XXe siècle.

Ce qui se voit d'abord, ce sont les façades. Beaucoup de maisons portent un sgraffito gratté dans l'enduit et, surtout, le pignon galbé : une forme baroque venue du Tyrol du Sud à la fin du XVIIIe siècle, devenue si caractéristique du lieu qu'elle en a pris le nom. Le versant, lui, garde la trace des champs. Il a été terrassé pour la culture, et les bandes raides qui séparent aujourd'hui les pâtures sont des haies, où nichent de nombreuses espèces d'oiseaux.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Sent a fait les choses en dernier : dernière commune de Basse-Engadine à passer à la Réforme, en 1576, dernier village de l'Engadine à adopter le nouveau calendrier, en 1811. Ce retard a laissé un village entier — sgraffito sur les enduits, pignons galbés qui portent son nom — et un versant dont les talus de culture, devenus haies entre les pâtures, forment un paysage sans équivalent en Suisse.

Histoire et origine

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, Sent était le village le plus peuplé de l'Engadine. Son économie ne tenait pas qu'aux champs : vers 1800, il vendait de grandes quantités de bois à Hall, au Tyrol, et des entrepreneurs tyroliens y exploitaient une filature de coton. Au début du XXe siècle, un établissement de cure s'est élevé dans le Val Sinestra, auprès de sources carbonatées chargées d'arsenic. Au milieu du XXe siècle, une agriculture longtemps céréalière a basculé presque entièrement vers l'élevage et le lait.

Que faire et voir

  • Observer les pignons galbés, forme baroque venue du Tyrol du Sud à la fin du XVIIIe siècle qui a donné son nom au style local.
  • Repérer les sgraffites grattés dans l'enduit des façades du village.
  • Voir la ruine de la Baseglia San Peder, vers 1200, à l'entrée du village, et sa tour restée debout après avoir servi de poudrière.
  • Suivre du regard le versant terrassé pour la culture, dont les bandes raides sont devenues des haies où nichent des oiseaux.

En couple

  • Parcourir les ruelles de Sent en cherchant les pignons galbés et les sgraffites qui distinguent chaque façade.
  • S'arrêter à l'église Saint-Laurent, agrandie en style gothique en 1496 par Andreas Bühler.
  • Prendre le temps devant la ruine de la Baseglia San Peder, à l'entrée du village.
  • Marcher le long du versant terrassé, où les haies entre les pâtures dessinent un paysage particulier à la région.

Localisation

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Tarasp

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Tschlin

Le village tient une terrasse à 1 553 mètres, loin au-dessus de l'Inn. On y parle le vallader, et la borne des trois pays s'y voit à l'œil nu, à 2 180 mètres. Ancienne commune, Tschlin a rejoint Valsot en 2013.

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