Établissement thermal · Argovie

Thermes de Schinznach

Bains sulfureux de la rive droite de l'Aar, en Argovie, nés de la redécouverte d'une source en 1691.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Les thermes de Schinznach occupent la rive droite de l'Aar, à mi-chemin entre Lenzbourg et Brugg, à 364 mètres, au pied des pentes boisées qui ferment la vallée à l'est. L'eau qui les alimente est sulfureuse. Le lieu ne porte pas le nom de la localité où il se trouve : la source a d'abord été exploitée sur le territoire de Schinznach, sur l'autre rive, et l'établissement a gardé ce nom en changeant de berge.

Le bâti s'est constitué par ajouts successifs autour de la même arrivée d'eau. Samuel Jenner, propriétaire de la source et maître d'œuvre de la cathédrale de Berne, fait élever une maison d'hôtes en 1696 ; une aile parallèle et la galerie qui les réunit suivent au début du XVIIIe siècle. De 1824 à 1827, l'architecte Hans Conrad Stadler ajoute une rotonde néoclassique en demi-cercle. La chapelle de cure, bâtie en 1881, a été aménagée grâce aux dons des curistes ; son intérieur baroque tranche avec la sobriété des façades. Le parc est dessiné par le paysagiste Evariste Mertens.

Le village né autour des bains s'est longtemps appelé Birrenlauf. Beaucoup de curistes ignoraient qu'en venant « à Schinznach Bad » ils séjournaient en réalité dans une autre commune ; l'ouverture de la gare sous le nom des bains a achevé de brouiller les cartes, et la commune a fini par se renommer Schinznach-Bad en 1938. Elle a été rattachée à Brugg le 1er janvier 2020.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Un établissement thermal se raconte d'ordinaire par ses eaux ; celui-ci se raconte par ses dates et par un malentendu de toponymie. Une source ensevelie sous une crue et retrouvée vingt et un ans plus tard sur l'autre rive, un nom resté attaché à la commune que l'eau avait quittée, des bâtiments empilés siècle après siècle autour du même point d'émergence — et une salle de cure où, en 1761, s'est tenue la première réunion de la Société helvétique, qui visait une refonte des structures de pouvoir de l'ancienne Confédération. Peu de bains ont aussi servi de lieu de rassemblement politique.

Histoire et origine

La source soufrée est signalée en 1654 sur le territoire de Schinznach, puis ensevelie par une crue en 1670. On la retrouve en 1691, cette fois sur la rive droite de l'Aar, au lieu-dit Birrenlauf : c'est l'emplacement actuel. Les bâtiments de cure suivent aussitôt et l'endroit devient un rendez-vous ; en 1761, la Société helvétique y tient ses premières réunions.

Que faire et voir

  • Repérer la rotonde néoclassique en demi-cercle ajoutée par Hans Conrad Stadler entre 1824 et 1827.
  • Voir la chapelle de cure de 1881, dont l'intérieur baroque tranche avec la sobriété des façades extérieures.
  • Se promener dans le parc dessiné par le paysagiste Evariste Mertens.
  • Retrouver, en marchant, le point d'émergence de la source sulfureuse retrouvée en 1691 après avoir été ensevelie par une crue en 1670.

En couple

  • Flâner dans le parc dessiné par Evariste Mertens, autour des bâtiments de cure accumulés depuis 1696.
  • S'arrêter à la chapelle de cure de 1881, financée par les dons des curistes.
  • Se rappeler qu'en 1761, la Société helvétique a tenu ici sa première réunion, autour d'un projet de refonte de la Confédération.
  • Observer la rotonde néoclassique de Hans Conrad Stadler, ajoutée entre 1824 et 1827.

Localisation

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