Commune juive historique · Argovie

Endingen

De 1776 à la fin du XIXe siècle, Endingen et Lengnau sont les deux seules communes de Suisse où les juifs ont le droit de s'établir.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Endingen occupe la vallée de la Surb, dans le district de Zurzach, en Argovie. Le nom du village — alors Oberendingen — est écrit pour la première fois en 798, sous la forme Entingas ; des trouvailles archéologiques néolithiques et de l'âge du bronze attestent une occupation bien antérieure de la région. Dès le XIIIe siècle, le village appartient aux terres des Habsbourg et relève du bailliage de Siggenthal, puis de celui de Baden après 1415.

À partir du XVIIe siècle, la proximité des foires de Zurzach et de Baden attire une importante communauté juive. Endingen ne possède, pour des raisons historiques, ni église catholique ni église réformée : la synagogue, bâtie en 1764 et rebâtie en 1852, reste le seul édifice religieux du village. En 1776, une loi fédérale restreint l'établissement des juifs en Suisse aux seules communes d'Endingen et de Lengnau. Le 12 septembre 1802, le village est le théâtre de la Zwetschgenkrieg (guerre des pruneaux), un pogrom contre la population juive.

La reconnaissance de la liberté d'établissement, en 1866, puis de la liberté de culte, en 1874, ouvre aux juifs suisses l'accès aux autres communes : ceux d'Endingen quittent alors progressivement le village, un mouvement qui se poursuit jusqu'en 1920. Subsistent de cette histoire la synagogue et, à la frontière avec Lengnau, un cimetière juif.

Le 1er janvier 2014, Endingen englobe son ancienne voisine d'Unterendingen. Ruth Dreifuss, conseillère fédérale de 1993 à 2002 et présidente de la Confédération en 1999, est originaire du village ; le romancier Charles Lewinsky, né en 1946, y situe la première époque de son roman Melnitz, saga d'une famille juive suisse entre 1871 et 1937.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Entre 1776 et la fin du XIXe siècle, une loi fédérale interdit aux juifs de Suisse de s'établir ailleurs qu'à Endingen et à Lengnau : les deux seules communes du pays où ils ont alors le droit de résider. Le village n'a pour cette raison ni église catholique ni église réformée — seule la synagogue, bâtie en 1764 et rebâtie en 1852, y tient lieu d'édifice religieux. Ruth Dreifuss, présidente de la Confédération en 1999, est originaire d'Endingen.

Histoire et origine

Le nom d'Oberendingen est écrit pour la première fois en 798, sous la forme Entingas ; des trouvailles néolithiques et de l'âge du bronze montrent que la région est occupée bien avant cette date. Dès le XIIIe siècle, le village fait partie des terres des Habsbourg, administré par le bailliage de Siggenthal puis, après 1415, par celui de Baden. La communauté juive qui s'installe à partir du XVIIe siècle est visée le 12 septembre 1802 par un pogrom, la Zwetschgenkrieg. Après 1866 et 1874, années de la reconnaissance fédérale de la liberté d'établissement puis de culte pour les juifs, la communauté quitte progressivement Endingen, jusqu'en 1920. La commune voisine d'Unterendingen lui est rattachée le 1er janvier 2014.

Que faire et voir

  • Visiter la synagogue, bâtie en 1764 et rebâtie en 1852, seul édifice religieux du village faute d'église catholique ou réformée.
  • Se rendre au cimetière juif, à la frontière avec Lengnau, témoin de la communauté qui vécut ici de 1776 à 1920.
  • Se souvenir qu'entre 1776 et la fin du XIXe siècle, Endingen et Lengnau furent les deux seules communes de Suisse où les juifs avaient le droit de s'établir.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • Le village se parcourt à pied entre la synagogue et le cimetière juif, un lieu de mémoire à aborder avec le recul que suggère son histoire.

En couple

  • Marcher entre la synagogue et le cimetière juif à la frontière avec Lengnau, sur les traces de trois siècles d'histoire.
  • Se rappeler que Ruth Dreifuss, présidente de la Confédération en 1999, est originaire du village.
  • Suivre dans le roman Melnitz de Charles Lewinsky la trace romanesque de cette histoire, dont l'auteur situe la première époque à Endingen.

Localisation

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