Village de montagne · Valais

Zermatt

Au fond du Mattertal, à 1 620 mètres, une commune valaisanne fermée aux automobiles, au pied de la pyramide du Cervin.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Zermatt occupe le fond du Mattertal, dans la partie alémanique du Valais, à 1 620 mètres d'altitude, et son territoire touche la frontière italienne. Au sud, la vallée se ferme sur le Cervin et ses 4 478 mètres. Le voisinage immédiat compte 38 des 54 sommets suisses qui dépassent 4 000 mètres, dont le mont Rose, le plus haut, à 4 634 mètres ; après le glacier d'Aletsch, la région porte la deuxième étendue de glace des Alpes.

L'automobile n'entre pas dans le village. L'interdiction protège la qualité de l'air et, avec elle, la netteté de la vue vers le Cervin ; les habitants l'ont confirmée par un vote en 1972, puis par un second en 1986. La commune s'étend sur 242,69 kilomètres carrés, quatrième de Suisse par la superficie, mais presque rien n'y est bâti ni cultivé : 85,2 % de cette surface est classée improductive — rocher, glace, éboulis. Ils étaient 6 099 habitants à la fin de 2024, répartis entre le village et des hameaux d'altitude qui ne sont pas occupés toute l'année.

Le fond de vallée est sec autant que froid. La moyenne annuelle y est de 3,5 °C, contre 9,2 °C à Sion, 1 156 mètres plus bas, et il n'y tombe que 611 millimètres de précipitations par an : profondément encaissée, la vallée reste à l'abri. La forêt, elle, monte haut — sa limite supérieure avoisine 2 200 mètres, l'une des plus élevées d'Europe centrale et méridionale.

Le nom sort des alpages : zur Matte, « aux prairies », a donné Zermatt, écrit ainsi dès 1495 sur une carte. Le français a longtemps préféré Praborgne, calqué sur le latin Prato Borno, et le lieu apparaît en 1280 sous la forme Pratabornum. En 1618, la communauté rachète sa liberté au seigneur dont elle relevait.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Zermatt tient sa physionomie de deux choses rares réunies : une géographie sans concession — 85,2 % d'un territoire de 242,69 kilomètres carrés classés improductifs, 38 sommets de plus de 4 000 mètres dans le voisinage, la deuxième étendue glaciaire des Alpes — et une décision collective, ratifiée deux fois par les urnes, d'en exclure l'automobile pour garder l'air clair et la vue ouverte sur les 4 478 mètres du Cervin.

Histoire et origine

Mentionné en 1280 sous le nom de Pratabornum, le lieu vit d'agriculture jusqu'au rachat de sa liberté seigneuriale, en 1618. La première ascension du Cervin, en 1865, en fait un centre d'alpinisme, et le chemin de fer venu de Viège atteint le village en 1891. La même histoire compte un épisode sombre : en 1963, une épidémie de fièvre typhoïde contamine au moins 430 personnes et fait trois morts ; les autorités communales tentent d'abord d'étouffer l'affaire, 106 malades sont évacués par pont aérien, et la crise conduit en 1970 à une nouvelle loi fédérale sur les épidémies.

Que faire et voir

  • Chercher la vue vers le Cervin et ses 4 478 mètres, fermant la vallée au sud.
  • Marcher dans un village fermé à l'automobile depuis les votations de 1972 et 1986.
  • Situer le lieu parmi 38 des 54 sommets suisses de plus de 4 000 mètres, dont le mont Rose à 4 634 mètres.
  • Prendre la mesure de la deuxième étendue glaciaire des Alpes, après celle d'Aletsch.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • Le village est fermé à l'automobile, ce qui limite la circulation dans les rues du centre.
  • Le territoire communal est à 85,2 % improductif (rocher, glace, éboulis), avec des hameaux d'altitude non occupés toute l'année.

En couple

  • Chercher la vue sur le Cervin depuis un village sans voitures, protégé par deux votes populaires.
  • Se promener dans l'air sec de la vallée, à l'abri, avec une forêt qui monte jusqu'à 2 200 mètres.
  • Prendre le temps face aux 38 sommets de plus de 4 000 mètres qui entourent le village.

Localisation

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Lieux associés

Une automotrice orange du chemin de fer du Gornergrat franchit un petit pont de pierre enneigé, entre les caténaires et leurs mâts métalliques ; derrière elle, les pentes blanches du Gornergrat montent vers le Cervin, pyramide sombre et enneigée qui domine la chaîne, sous un ciel de fin de journée strié de nuages roses.

Arête sommitale · Valais · à 5 km à vol d'oiseau

Gornergrat

De cette arête de 3 133 mètres, plus de vingt sommets alpins de plus de 4 000 mètres se voient d'un seul regard. Une crémaillère y monte depuis 1898, et deux tours d'hôtel abritent des observatoires.

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Au lever du jour, la pyramide sombre du Cervin occupe le centre du cadre, entre des crêtes enneigées plus basses ; le Stellisee, parfaitement immobile au premier plan entre deux rives d'herbe rase, en renvoie le reflet exact ainsi que celui des nuages roses et dorés qui traversent le ciel.

Sommet · Valais et Vallée d'Aoste · à 8 km à vol d'oiseau

Cervin

Quatre faces se referment 400 mètres sous la cime. L'arête sommitale, longue de 100 mètres, porte deux sommets et sert de frontière ; la première ascension, en 1865, coûta la vie à quatre des sept hommes qui l'avaient réussie.

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Sous un ciel d'hiver bleu profond, une cabine de téléphérique sombre glisse dans la moitié gauche du cadre, suspendue à ses câbles ; au centre, la station d'arrivée en béton est encastrée dans l'arête rocheuse enneigée du Petit Cervin, et un pylône d'acier se dresse à droite, dans la neige soulevée par le vent.

Sommet · Valais · à 9 km à vol d'oiseau

Petit Cervin

Les relevés le donnent à 3 882 ou 3 883 mètres, à un peu plus d'un kilomètre de la frontière italienne. Sa face nord porte une station de téléphérique à 3 820 mètres, d'où un tunnel de 160 mètres traverse la montagne.

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