Petite ville fortifiée · Argovie

Aarburg

Une forteresse bernoise et une église à deux clochers occupent l'éperon rocheux qui étrangle la vallée de l'Aar, en amont d'Olten.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Aarburg occupe le point le plus étroit de la vallée de l'Aar, là où un éperon de rocher descend jusqu'à la rive et referme le passage. Cette arête est un contrefort du Säli, dont le sommet atteint 664 mètres : le territoire communal descend à 393 mètres au bord de la rivière et remonte à 620 mètres sous cette cime. Sur la crête s'alignent les murs et les toits de la forteresse ; en contrebas, la vieille ville s'insère en triangle entre la paroi et l'eau, ses maisons rangées autour d'une place en coin. Entre les deux, sur une terrasse intermédiaire, l'église réformée élevée de 1842 à 1845 dresse les deux clochers de sa façade ouest.

Un document de 1123 nomme le lieu Areburc et signale le château des comtes de Frobourg, qui administraient de là un bailliage sur l'axe nord-sud. Les Frobourg vendent l'ensemble aux Habsbourg en 1299 ; la ville, elle, n'est désignée comme telle qu'en 1330, et les fouilles la font naître vers 1312. Serrée entre Olten et Zofingue, distantes chacune de quatre kilomètres, elle ne grandit jamais beaucoup et vit surtout des péages prélevés sur le trafic de la route du Gothard. Le 20 avril 1415, après un bref siège, les troupes bernoises s'en emparent ; dès 1416 un bailli réside au château, que Berne étend ensuite pour verrouiller la liaison entre son territoire et Zurich. Les Français prennent ville et forteresse sans combattre le 10 mars 1798.

Le 4 mai 1840, un incendie détruit l'église et la plus grande partie des maisons ; soixante-huit familles se retrouvent sans toit. La ville est relevée, mais ses fortifications nord ne le sont pas. La forteresse, remise au canton d'Argovie en 1804, sert d'arsenal et de caserne jusqu'en 1826, puis de prison jusqu'en 1864 ; depuis 1893 elle abrite une institution cantonale pour mineurs, la première du genre en Suisse. En contrebas, l'Aar reçoit le Mühletych, bras artificiel creusé au début du XVIe siècle, et forme un large tourbillon lent que l'on appelle le Woog : les bois flottés s'y attardaient, on y rassemblait les radeaux, et un port y est attesté dès 1361. Aarburg figure à l'inventaire fédéral des sites construits à protéger et appartient depuis 2018 à l'association Les plus beaux villages de Suisse.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Tout tient ici à un accident de terrain : un éperon rocheux qui plonge jusqu'à l'Aar et étrangle la vallée. Les siècles s'y sont empilés sans jamais s'effacer — le château des Frobourg mentionné en 1123, la forteresse que Berne étend après 1415 pour tenir la route de Zurich, l'église de 1842-1845 sur sa terrasse, la ville au ras de l'eau. Depuis la rive opposée, cette superposition se lit d'un seul regard, ce qui est rare pour une place forte du Plateau.

Histoire et origine

Le château apparaît en 1123 comme bien des comtes de Frobourg, passe aux Habsbourg en 1299 et tombe aux mains de Berne le 20 avril 1415. Les campagnes de 1470, 1534-1535, 1621 puis 1659-1673 en font un ensemble baroque, tenu par une garnison permanente à partir de 1666, dont la fonction est de protéger la liaison entre Berne et Zurich au point le plus étroit du territoire bernois. Le canton d'Argovie le reçoit en 1804 : arsenal et caserne jusqu'en 1826, prison jusqu'en 1864, puis institution d'éducation pour mineurs décidée en 1891 et ouverte en 1893.

Que faire et voir

  • Observer depuis la rive opposée de l'Aar la superposition de la forteresse sur l'éperon, de l'église à deux clochers sur sa terrasse et de la vieille ville au ras de l'eau.
  • Repérer les traces des campagnes de construction bernoises (1470, 1534-1535, 1621, 1659-1673) qui ont donné à la forteresse son aspect baroque actuel.
  • S'arrêter au Woog, le large tourbillon formé par le Mühletych creusé au début du XVIe siècle, où l'on rassemblait autrefois les radeaux de bois flotté.
  • Suivre la vieille ville en triangle entre la paroi et la rivière jusqu'à la place en coin autour de laquelle s'organisent les maisons.

En couple

  • Choisir la rive opposée de l'Aar en fin de journée pour voir la forteresse et l'église se détacher sur l'éperon rocheux.
  • Longer le Woog, le tourbillon lent formé par le bras artificiel du XVIe siècle, pour une pause tranquille au bord de l'eau.
  • Marcher dans la vieille ville resserrée entre la paroi et la rivière, jusqu'à la place triangulaire du centre.
À savoir avant de venir

La forteresse abrite depuis 1893 une institution cantonale pour mineurs : ce n'est pas un site muséal ouvert librement, mais un lieu occupé.

Localisation

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