Village viticole · Neuchâtel

Auvernier

Sur la rive nord du lac de Neuchâtel, un village de vignerons dont la rue principale aligne des maisons du XVIe au XVIIIe siècle.

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

← Retour à l'exploration

Auvernier tient sur 1,68 km² entre le lac de Neuchâtel et des coteaux tournés vers le sud : 46,5 % du territoire reste agricole, 47,1 % est bâti, et le boisé se réduit à 3,5 %. Le village s'est construit sur deux ressources, la pêche et la vigne — la perche des armoiries dit la première, les parcelles en pente disent la seconde. La rue principale traverse le bourg de haut en bas, large et pavée, bordée de maisons des XVIe et XVIIe siècles ; au numéro 1 de la rue de la Roche, la maison dite de l'Hôpital de Soleure adosse ses deux corps à une tourelle d'escalier dont la porte Renaissance porte la date de 1570.

Le nom s'écrit pour la première fois en 1011, sous la forme Averniacum, dans l'acte par lequel Rodolphe III de Bourgogne dote sa fiancée Ermengarde. L'occupation est bien plus ancienne : les fouilles lacustres font remonter les premiers sédentaires à 3850 avant notre ère, et deux statuettes romaines — un Jupiter mis au jour par un vigneron en 1864, un Hercule combattant en 1896 — attestent le site dans l'Antiquité. En 1346, un différend avec Colombier fixe les limites du territoire. Le 1er janvier 2013, Auvernier cesse d'être une commune : elle rejoint Bôle et Colombier dans la commune de Milvignes.

Le château a été construit pour Blaise Junod, qui exerçait à Valangin les charges de commissaire et de receveur : ensemble homogène du XVIe siècle, il présente un corps principal flanqué de deux tourelles daté de 1559, une galerie ajoutée au nord en 1746 et des portails de jardin en fer forgé du XVIIIe siècle ; ses larges caves voûtées disent une vocation vinicole jamais interrompue. Le temple, chapelle Saint-Nicolas à l'origine, a été agrandi en 1598 puis en 1709, d'où son plan très irrégulier ; ses vitraux, dessinés par Ivan Moscatelli, ont été inaugurés en 1995. À la Maison Carrée, deux pressoirs manuels verticaux en bois servent encore.

Les deux derniers siècles ont approché le village sans le défaire. Le chemin de fer arrive avec les lignes du Pied-du-Jura et des Verrières, construites entre 1859 et 1860 ; le tramway de Neuchâtel à Boudry dessert la localité depuis 1892. La correction des eaux du Jura, en 1880, dégage de nouveaux terrains au sud, et le canton installe ici son école cantonale de viticulture en 1888. La construction de l'autoroute A5, de 1970 à 1977, s'accompagne d'un remodelage des rives d'où sortent un port de plaisance et une zone de détente ; depuis 1974, la loi protège les parcelles réservées à la vigne, ce qui a borné l'extension des constructions. Le village comptait 1713 habitants à la fin de 2025.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Ce qui distingue Auvernier n'est pas seulement son ancienneté — 1011 pour la première mention écrite — mais la continuité de son métier. Le canton y forme ses vignerons depuis 1888, la loi protège ses parcelles de vigne depuis 1974, les caves voûtées du château de 1559 et les deux pressoirs de bois de la Maison Carrée servent toujours. La rue pavée bordée de maisons des XVIe et XVIIe siècles est le bâti d'une économie qui n'a pas été interrompue.

Histoire et origine

Les fouilles lacustres placent les premiers sédentaires vers 3850 avant notre ère ; l'Antiquité a laissé deux statuettes, un Jupiter trouvé en 1864 par un vigneron aux Lerins et un Hercule combattant mis au jour en 1896. La première mention écrite, Averniacum, date de 1011. La chapelle Saint-Nicolas est élevée à la fin du XVe siècle, agrandie en 1598 puis en 1709 ; le corps principal du château est daté de 1559. En 1880, la correction des eaux du Jura donne à la localité de nouveaux terrains au sud du village.

Que faire et voir

  • Remonter la rue principale pavée, bordée de maisons des XVIe et XVIIe siècles, jusqu'à la maison de l'Hôpital de Soleure et sa tourelle datée de 1570.
  • Observer le château de 1559, son corps flanqué de deux tourelles et sa galerie ajoutée en 1746, avec ses caves voûtées toujours vinicoles.
  • Chercher à la Maison Carrée les deux pressoirs manuels verticaux en bois encore en usage.
  • Voir le temple, ancienne chapelle Saint-Nicolas agrandie en 1598 puis en 1709, et ses vitraux de 1995.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • La rue pavée et le bord du lac offrent un parcours à plat, propice à une balade en famille dans le village viticole.

En couple

  • Descendre la rue pavée bordée de maisons anciennes jusqu'au bord du lac de Neuchâtel.
  • S'arrêter devant les caves voûtées du château de 1559, toujours vouées à la vigne.
  • Profiter du port de plaisance et de la zone de détente aménagés lors du remodelage des rives dans les années 1970.

Localisation

Charge une carte interactive Google Maps à la demande, à partir des coordonnées vérifiées du lieu.

Ouvrir dans Google Maps

Lieux associés

Une rue du vieux bourg de Valangin, bordée de façades crème, blanches et beiges aux volets rouges ; au fond se dressent la tour-porte à toit pointu portant une horloge et le clocher effilé de la collégiale, tandis qu'une voiture et un cycliste circulent sur la chaussée pavée.

Village · Neuchâtel · à 5 km à vol d'oiseau

Valangin

Le château tient le rocher qui commande le passage ; le bourg a été fondé à ses pieds vers 1330, la collégiale consacrée en 1505. En 1853, les couches décrites ici ont donné leur nom au Valanginien.

Voir sur la carte (Neuchâtel)

Un bouquetin mâle des Alpes, aux longues cornes annelées, se tient sur une pente enneigée au Creux du Van ; derrière lui s'étagent des crêtes boisées du Jura et un ciel rose de fin de journée.

Cirque rocheux · Neuchâtel · à 12 km à vol d'oiseau

Creux du Van

Une paroi de calcaire referme un arc large de 1 000 à 1 400 mètres. Bouquetins, chamois et lynx habitent la réserve de 15,5 km² qui entoure le cirque, dominé par Le Soliat à 1 464 mètres.

Voir sur la carte (Neuchâtel)

Vaste roselière dorée de la Grande Cariçaie traversée par un chenal d'eau calme parsemé de nénuphars, qui rejoint le lac de Neuchâtel bordé d'une rangée de peupliers ; à l'horizon, les collines du Jura s'étagent sous un ciel d'été chargé de cumulus.

Marais lacustre · Lac de Neuchâtel · à 14 km à vol d'oiseau

Grande Cariçaie

Huit réserves naturelles intercantonales couvrent environ 3 000 hectares de roselières, de marais et de forêts inondées. Le paysage n'existe que depuis la correction des eaux du Jura, qui a abaissé le lac de 2,7 mètres entre 1868 et 1891.

Voir sur la carte (Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Berne)