Petite ville du Bödeli · Berne

Unterseen

Sur la plaine du Bödeli, entre le lac de Thoune et celui de Brienz, une petite ville fondée en 1279 dont le nom dit « entre les lacs ».

Illustration dérivée, réalisée par Swiss Highlights à partir d'une photographie sous licence libre.

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Unterseen occupe le Bödeli, la plaine alluviale coincée entre le lac de Thoune et le lac de Brienz ; la vieille ville tient sur la rive nord de l'Aar, en face d'Interlaken, vers 567 mètres. La commune couvre 13,99 km², dont 60,1 % de forêt et 18,2 % de surfaces agricoles ; le bâti n'en occupe que 15,3 %, le reste montant sur les pentes raides du Harder et du Chienberg. De la ville, le regard porte sur l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau. Un relevé de 2022 donne 5745 habitants.

Le nom est une traduction. Interlaken, « entre les lacs », se dit en moyen haut-allemand unter seen — d'où Unterseen. Le 13 juillet 1279, le roi Rodolphe Ier de Habsbourg autorise le baron Berchtold III d'Eschenbach-Oberhofen à bâtir une place forte entre les deux lacs, et la fortification reçoit du même coup le droit de cité. Elle est l'œuvre de la noblesse laïque, qui cherchait à contenir le couvent d'Interlaken, sur l'autre rive, et à tenir un pont sur l'Aar. Le conflit avec le couvent ne cessera pas ; la jeune ville se place tôt sous la protection de Berne, dont un bailli l'administre après 1386.

Deux incendies ont fait la ville qu'on voit. En 1364, le feu part du moulin du couvent et détruit une grande part d'Unterseen ; en 1470, elle brûle une seconde fois, et Berne ordonne la reconstruction autour d'un hôtel de ville placé au milieu. De là vient sa silhouette : des constructions à madriers du XVIIe au XIXe siècle, aux rangées de fenêtres encore médiévales, alignées le long d'une place. Une chapelle est mentionnée en 1353 ; l'église, gothique à l'origine, reçoit en 1674 un habillage baroque dû à Abraham I Dünz, et le bâtiment que l'on voit date de 1852. Le château est élevé vers 1656, en partie avec les matériaux d'un édifice antérieur et des ruines d'Unspunnen, puis entièrement rénové entre 1746 et 1757.

Unterseen a longtemps résisté avant de servir. Après l'Helvétique, la ville devient un foyer d'opposition au rétablissement du régime bernois ; les fêtes d'Unspunnen de 1805 et 1808, voulues comme une réconciliation entre la ville et la campagne, échouent, et le gouvernement interdit ensuite ces rassemblements. Le mur d'enceinte et le fossé tombent au début du XIXe siècle, la maison de la porte est démolie en 1855. Dans le tourisme naissant à partir de 1750, Unterseen a d'abord tenu le premier rôle, avant qu'Interlaken ne le lui prenne au milieu du XIXe siècle. La vieille ville et les ruines du château de Weissenau sont des biens culturels d'importance nationale.

Pourquoi ce lieu est remarquable

Unterseen porte son explication dans son nom : « entre les lacs », l'allemand d'Interlaken. La ville a été fondée en 1279 contre le couvent d'en face, pour tenir un pont sur l'Aar ; elle a brûlé en 1364, puis en 1470, et c'est Berne qui l'a fait rebâtir autour de son hôtel de ville. Ce que l'on voit aujourd'hui — une place bordée de constructions à madriers, l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau au fond — est le dessin de cette reconstruction ordonnée.

Histoire et origine

Les plus anciennes traces d'occupation du Bödeli sont des outils néolithiques épars ; un cimetière romain du IIe siècle, puis une nécropole du haut Moyen Âge, montrent que la plaine n'a pas été abandonnée. Le lieu s'appelle Interlacus en 1133, quand le couvent d'Interlaken est fondé sur l'autre rive de l'Aar ; Unterseen naît en 1279, en face et contre lui. Pendant la Réforme, la ville prend le parti de Berne : lors de la guerre dite d'Interlaken, en 1528, elle est occupée le 29 octobre par les partisans de l'ancienne foi, qui se retirent dans la nuit du 30 ; pour sa fidélité, Berne lui attribue l'alpage de Sefinen, qui lui appartient encore.

Que faire et voir

  • Parcourir la place bordée de constructions à madriers, rebâtie sur ordre de Berne après l'incendie de 1470.
  • Voir l'église, gothique à l'origine, habillée en baroque en 1674 par Abraham I Dünz.
  • Repérer le château élevé vers 1656, en partie avec les pierres des ruines d'Unspunnen.
  • Chercher depuis la vieille ville la vue sur l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau.

Venir en famille : ce qu'il faut savoir

  • La vieille ville se visite à pied, sur un terrain plat du Bödeli, entre le lac de Thoune et le lac de Brienz.

En couple

  • Flâner sur la place à l'hôtel de ville, dessinée après la reconstruction de 1470.
  • Chercher, depuis la rive nord de l'Aar, la vue sur l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau.
  • Comparer Unterseen, « entre les lacs » en moyen haut-allemand, avec Interlaken juste en face.

Localisation

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Lieux associés

Depuis une crête boisée, la vue plonge sur le lac de Brienz turquoise, puis sur la plaine d'Interlaken traversée par la rivière, avant que la paroi abrupte des montagnes ne referme l'horizon sous un ciel chargé de nuages.

Ville · Oberland bernois · à 1 km à vol d'oiseau

Interlaken

Une commune de 6 123 habitants sur une langue de terre plate, large de quatre kilomètres, entre deux lacs. Son nom latin ne date que de 1891 : avant, on disait Aarmühle, le moulin de l'Aar.

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Vue aérienne depuis le Harderkulm sur le village de Bönigen, niché à l'embouchure turquoise de la Lütschine dans le lac de Brienz ; les toits du village s'alignent entre l'eau turquoise et des prés verts, au pied de versants abrupts entièrement boisés qui montent vers le fond de la vallée.

Village bernois · Lac de Brienz · à 3 km à vol d'oiseau

Bönigen

Bönigen, à l'embouchure de la Lütschine dans le lac de Brienz, fut un fief des barons von Eschenbach cédé au couvent d'Interlaken en 1261 ; le village refusa la Réforme protestante en 1528 et compte aujourd'hui 2 786 habitants.

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Vue plongeante sur le lac depuis un versant boisé : au premier plan, les cimes d'érables et de frênes encadrent l'eau ; au milieu, une nappe turquoise laiteuse traversée d'un banc d'alluvions clair et du sillage d'un bateau ; sur la rive opposée, un village étiré au bord de l'eau et ses prés vifs ; au-dessus, une longue traîne de nuages blancs posée à mi-pente sur des versants boisés sombres, sous un ciel couvert.

Lac glaciaire · Berne · à 8 km à vol d'oiseau

Lac de Brienz

Aucun lac bernois n'est plus profond. Sa couleur vient du lait glaciaire que l'Aar et les Lütschine y déchargent — 300 000 tonnes de particules par an : presque bleu en hiver, gris laiteux en plein août.

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